Musée d'art contemporain des Laurentides MACL

École Multidisciplinaire de l'image - UQO
Cappucine

Réponse

Le commissaire Vincent Bonin est invité par le MACL à réaliser une exposition en réponse aux travaux de Catherine Malabou. Intitulée Réponse et loin d’un arrimage illustratif d’œuvres aux thèses de la philosophe, c’est autour de la mutabilité du sujet au cœur des recherches de Malabou que l’exposition s’articule. → Avec Peggy Ahwesh, Sven Augustijnen, Raymond Boisjoly, Gérard Cairashi, Heather Cassils, Thierry Chaput, Jean-François Lyotard et Dolorès Rogozinski, Keti Chukhrov, Judy Chicago, Chris Curreri et Luis Jacob, Julia Feyrer et Tamara Henderson, Stefan Hayn, Michel Journiac, Jean-Paul Kelly, Fernand Leduc, Benoît Maire et Raphaël Pfeiffer, Catherine Malabou, Vera Molnar, Jean-Luc Moulène, Josephine Pryde, Carole Roussopoulos, Theodore Wan, Hannah Wilke, Paule Zajdermann.

À ce jour, la philosophe Catherine Malabou est surtout reconnue pour avoir investi la valence transversale de la plasticité (donation, réception et explosion de la forme) au sein de plusieurs champs de savoir. Le concept a d’abord trouvé ses assises chez Hegel, qui, le premier, a tenté de le dégager du vocabulaire de l’esthétique afin de l’associer aux transformations d’une subjectivité pensante. En commentant La phénoménologie de l’esprit de Hegel, Malabou a étendu la portée de la plasticité, puis elle a observé qu’il était possible de placer sous sa rubrique des séries d’événements aussi diverses que le changement d’état chimique des matériaux, les accidents écologiques ou les traumas humains. Parmi le dessin de ces trajectoires du concept, l’un des apports de Malabou a consisté à évaluer son utilisation en neuroscience, où il désigne la formation, la réparation et la destruction des liens synaptiques. De ce fait, elle a offert un nouveau modèle dialectique qui pourrait combler la lacune laissée par un impensé de la matérialité du cerveau en philosophie et dépasser le déterminisme de l’essence du biologique.

Dans cette exposition, la mutabilité du sujet au cœur des travaux de Malabou est mise de l’avant, sans négliger cependant la parenté plus évidente entre sa reconfiguration interdisciplinaire de la plasticité et le formalisme des arts visuels. Or, loin d’un arrimage illustratif d’œuvres aux thèses d’une philosophe, le cumul des composantes du projet soulève la question de la cohabitation de plusieurs idiomes méthodologiques dans la même parenthèse discursive. Trois axes se rapportent chacun aux dimensions singulières de ces parcours croisés de l’art et de la philosophie, en offrant des pistes au visiteur sans segmenter physiquement et thématiquement les œuvres.

Le premier axe aborde la façon dont la contingence, au cœur de la réflexion de Malabou, pourrait entrer en résonance avec une redéfinition de l’intentionnalité de l’artiste. Dans le deuxième axe, cette réflexion sur la subjectivité se déploie autrement,  en liant l’auto-affectation de la performance corporelle des années 1970 aux la réévaluations récente du matérialisme en philosophie et en art. La question des limites d’une forme et de sa transformation est encore investie au sein du troisième axe, mais cette fois par le truchement des débats sur l’éthique de la visibilité et de l’invisibilité dans le documentaire expérimental.

Sous l’égide de l’Université du Québec en Outaouais, Catherine Malabou donna un séminaire consacré à la réévaluation du concept de sacré dans le cycle d’ouvrages Homo sacer, de Giorgio Agamben. Le séminaire fut suivi d’un colloque le 3 septembre. Prière de consulter la page du colloque pour plus d’informations. – Vincent Bonin

Brochure de l'exposition